Une chambre blanche, de ce blanc immaculé que seule la souffrance ternit au fil du temps.Deux médecins discutent entre eux, les bruits dans les couloirs, tout semble normal.Seul problème, je suis mort il y a 10 minutes, à 17h50 exactement.Et je me vois là, étendu sur ce lit, les yeux clos...
Je suis suspendu au plafond comme une marionnette a son fil.J'entend le bruit de la machine, ce long cri aigù qui vous annonce la fin de votre vie.Terminus, la mort est venue me chercher.Cette faucheuse dont tout le monde parle he bien elle n'existe pas, je ne l'ai pas vu.
Je suis parti a cause de ce putain de cancer contre lequel je me battais depuis deux ans.Alors le voilà gagnant, il m'à eu, je suis mort...mort!
Si j'avais encore un corps ( car apparement il s'est fait la malle avec ma vie), je crois que je passerais par toute les couleurs.Ce n'est pas si facile d'apprendre sa propre mort et celà même si on s'y attendais.On se crois immortel en somme, on pense que ce n'est qu'un mauvais coup qui n'arrive qu'aux autres.He bien non, voici mon tour venu.Mais ne dois-je pas être dans l'autre monde?pourquoi je reste ici?
J'entends des cris dans le couloir et ma femme surgit dans la chambre, s'éffondrant sur mon pauvre corps inerte.
Elle est suivie de mes enfants, Alexia et romain, tous les deux en larmes et me prenant dans leurs bras comme si ce geste pouvait me ramener à la vie.
Je les aime tant...
Assistant a cette scène térrible je panique et je crie:
-Edith c'est moi, je suis là!
Je fais le tour de la chambre à une vitesse folle, j'essai de les toucher mais mes mains passent à travers tout, et mes cris sont inutils, ils ne m'entendent pas , ne me voient pas.
La colère s'emparre de mon esprit.Ha oui parlons en de mon esprit, c'est tout ce qu'il me reste mon esprit! je ne voulais pas les quitter et même si je m'étais fait à l'idée de mourrir, je n'ai tout de même que quarante cinq ans.
J'éssai en vain de me faire voir et entendre, je traverse les murs, les couloirs, j'ai l'impréssion d'être un oiseau qui apprend à voler.A la seule différence que moi je n'ai pas d'ailes.Ce qui m'aurait aussi étonné d'en avoir car j'étais loin d'être un ange.
Les ailes, ce n'est surement pas quelque chose que l'on trouve dans un paquet de chips en arrivant là haut, il faut les mériter et je ne suis pas le bon numéro pour ça.Si ils voulaient un ange de plus au paradis ce n'est certainement pas moi.
Mais pour le moment pas de paradis, juste les murs et les couloirs que je continue a traverser comme un dératé.
J'aurais au moins eu la chance de me réincarner en homme invisible doublé de superman.Heureusement que je ne suis pas tombé sur spiderman car je n'aurais pas apprécié de me retrouver collé au plafond tout le long de ma deuxième vie.
Dans ma course folle je suis attérri au bloc opératoire.Manquais plus que ça, moi qui ne supporte pas la vue du sang alors un bide ouvert, vous imaginez?
Normalement il caille dans ce genre d'endroit, pour tuer les microbes.Ils ne m'auront pas, je suis déjà mort.Ils auraient eu le gros lot, le plus gros microbe jamais vu, une tumeur grosse comme mon poing...enfin vous avez compris, mon ancien poing.
C'est alors que j'assiste à la scène la plus incroyable que j'ai vu, celle là même qui m'est arrivée une heure avant.
Un petit gars d'à peu près six ou sept ans qui se fait opérer sort de son corps, regarde autour de lui et me voyant s'approche de moi.
-Bonjour, comment tu t'appels? me dit-il tout souriant.
-Christian, Christian Lacroix.Mais pas le créateur de mode, moi je ne suis qu'un gratte-papier employé de mairie.Un larbin, quoi.
-Moi c'est Thomas, mais mes amis m'appellent Tom.Tu peux m'appeller comme ça si tu veux, tu es le premier ami fantôme que je croise.
-un fantôme?
-Ben oui, c'est bien ce que tu es, ne fait pas l'idiot.Je n'ai peut-être que huit ans mais je regarde " fait moi peur à la télé".
-De mon temps c'était "scoubidou" mais bon oui , je suis un fantôme.
-Alors moi aussi je le suis vu que je suis sorti de mon corps, je vais pouvoir aller rejoindte mon pépé.
-Moi je pensais plutôt aller boire un coup au bar de st Pierre avec Gainsbourg et ses potes mais on peut faire le voyage ensemble si tu veux.
Mais je n'aurais pas la chance d'avoir un compagnon d'infortune pour m'accompagner dans mon voyage intersidéral, Tom est rentré dans son corps comme si c'étais quelque chose que l'on faisais tous les jours.Il s'est juste retourné en faisant un petit geste de la main et a retrouvé son enveloppe charnelle.
J'entends les médecins dire qu'il est sauvé, que son coeur a repris ses mouvements.Le mien a été trop flémard pour faire de même mais tant mieux pour Tom, one ne dois pas mourrir à son âge...au mien non plus d'ailleurs.
En tout cas je suis calmé.J'ai dût respirer ce produit puant que l'on utilise encore dans les vieux hôpitaux.Ils ne le savent peut-être pas mais on est passés à la piquouse depuis longtemps.Le pauvre Tom va se réveiller avec la tête comme une citrouille.
Que puis-je faire maintenant? peut-être retrouver mes copains à la morgue et voir la place qu'ils m'ont réservés?
He puis non, je rentre dans une chambre innocupée, attendant un nouveau cobaye et je vais vous raconter mon histoire.Peut-être comprendrais voius mieux ce que je fais dans ce pétrain.
Commençons..