Bien que j'avais quelques problèmes d'intégration dans mon travail et avec certaines personnes , j'apréçiais ma vie telle qu'elle était et prenais les évènements bons où mauvais avec phylosophie.Après tout, la vie est loin d'être rose tous les jours et je voulais vivre le plus sereinement possible quelle que soit la gravité de la situation.
Mes deux semaines passées en tant que chef des hipis m'avaient laissées un caractère de baba-cool.Je pensais avoir eu ma dose de galère pour toute ma vie mais je me suis trompé.J'étais loin d'être sauvé, très loin.
Tout à commençé un jour d'octobre, un de ses jours où il fait un temps de chien.Bref, le temps faisait la gueule.
7 h du matin, le réveille sonne, ce qui d'habitude déclenche chez moi une mauvaise humeur et un urticaire devenu chronique rien qu'à penser au boulot.Encore un jour à lécher les bottes du maire.
Sauf que ce jour là, c'est Edith qui s'est réveillée, inquiète de ne pas me trouver à ses côtés.D'habitude, j'attends la dernière minute pour me tirer du lit.
Je l'entends déscendre quatre à quatre les escaliers et me voyant allongé sur le divan, blanc comme un linge et ne sachant plus respirer, pousser un cri de désolation.
Je lui explique que je me suis levé en pleine nuit avec un mal de dos épouvantable et que depuis je suis bloqué là attendre que quelqu'in vienne à mon secours.
Il est vrai que le mal traîne depuis un bail mais jamais il n'à été aussi fort.
Ne pouvant pas lâcher les élèves au dernier moment, elle part et je me retrouve le téléphone collé à l'oreille , appellant mon médecin et ami depuis toujours.
Bertrand est l'un des seuls à m'avoir pris tel que j'étais depuis l'école primaire.Il m'à toujours soutenu et défendu auprès des autres, mais surtout, il sait que je suis loin d'être douillet et que pour l'appeller de bon matin il faut que ce soit urgent.
C'est pour celà que je le vois débarquer dans mon salon dix minutes plus tard, rentrant sans frapper comme à son habitude.
-Que ce passe t-il? me dit-il éssoufflé.
-Je crois que je suis en pleine croissance, mon dos me fait affreusement mal.
-Voyons ça...
Peu de temps après je me retrouve dans une ambulance, parti pour la journée faire des examens complets.
Au menu: prises de sang, radios, IRM, et tout le bataclan.
J'ai passé la journée a traîner dans les couloirs en fauteuil roulant, entre deux examens.Les infirmières m'avaient tellement piqué que j'avais des points rouges partout sur les bras, moi qui ai la phobie du sang.Ce Bertrand, quand je vais sortir, ça va être sa fête.
Mais je me trompais.Je n'étais pas près de sortir, comme me là annoncé le médecin le soir venu.
J'en avais encore pour au moins quatres jours pour des examens complémentaires.Quelle poisse, me voilà bloqué ici près à me faire charcuter pendant des jours.
Si il y avait un point positif c'est que je n'irais pas au boulot.Et j'avais tellement raison de les maudire, ils me critiquaient depuis le matin, ces espèces de rats d'égoûts de luxe, à dire que si je n'étais pas venu c'étais parce que j'avais encore grandis pendant la nuit et que je passais plus la porte de chez moi.
Mais Bertrand m'à encore sauvé la mise cette fois et il est parti à la mairie lui même porter mon certificat.
D'après ce qu'il m'à raconté, ils ont tirés la tronche, tous gênés des paroles qu'ils venaient de dire et insistant bien sur le fait que c'était une plaisanterie et qu'ils étaient désolés.
Bertrand voyant que ça sentait la comédie leur à proposé de passer me voir et de se cotiser pour m'offrir une bonne boîte de chocolats, afin de remonter le moral de leur collègue et ami.
Bon dieu, que j'aurais voulu voir leurs têtes! en tout cas, les chocolats, je les attends.
J'ai passé la nuit à espérer que les toubibs trouvent ce qui n'allait pas dans mon grand corps et que je reprenne mes habitudes, loin de l'hôpital.Si j'avais su ce qui m'attendais, je ne me serais pas endormi si sereinement.
Le lendemain, c'étais reparti pour une journée d'examens, ainsi que les deux jours suivants.
Entre deux, j'avais la visite de la famille, ce qui faisait passer le temps plus vite.J'ai même eu droit à cette boîte de chocolat tant attendue, apportée par les petites mains de mes chers collègues venus tous ensembles, surement pour que l'épreuve soit moins difficile pour eux.
Cette petite revanche m'avait donné du baume au coeur et c'est avec le sourire que j'acceuilli le médecin le soir.Contrairement à moi, il avait l'air grave et donnait l'impréssion de chercher ses mots.
-Monsieur Lacroix, nous avons procédés a toute une batterie d'examens, comme vous avez pu le contater et nous avons trouvés quelque chose d'anormal au niveau de la colonne vertébrale.
Long silence...
-He bien quoi, j'ai les os qui poussent, un organe en plus, quoi?
Voyant que je commençais à perdre patience il n'eu d'autre choix que d'en venir au fait.
-Vous avez effectivement quelque chose en plus ...heu une masse cancéreuse.Autrement dit, vous êtes atteind d'une tumeur, une tumeur assez grave qui va nécéssiter de commençer le traitement au plus tôt.
Sur lr coup je devais ressembler à une statue.J'étais là a fixer le médecin comme si il venait de me parler chinois.Puis je réagis:
-he bien docteur, vous allez l'enlever cette tumeur, non? vous faîtes celà assez souvent, je ne suis certainement pas votre premier cas.
Je voyais son regard changer d'expréssion, il n'avait visiblement pas envie de m'en dire plus sur le sujet mais il était obligé.
-Monsieur Lacroix heu...nous ne pouvons pas opérer, elle est trop importante et bien trop mal plaçée.Si on s'aventure sur ce térrain, vous riquez votre vie.
-Oui je risquerais ma vie mais si on ne le fait pas c'est elle qui m'aurat!vous n'avez tout de même pas l'intention de me laisser planté là en attendant que je passe l'arme à gauche?
J'ai regrétté mes paroles après coup, je m'en voulais de m'en être pris à ce pauvre type.Il éssayait de me ménager au mieux et je ne lui ai pas facilité la tâche.
Mais j'avais peur, enfin, je ne sais pas si on peut appeller ça de la peur, ce sentiment égoïste de vouloir que notre malheur tombe sur quelqu'un d'autre, de ce dire que le médecin s'est trompé de patient et que c'est le petit vieux d'à côté qui en ai atteind.J'étais complètement péttrifié et je ne savais pas quoi penser de tout ça.Je restais là a fixer le mur.
J'allais suivre un traitement de chiiothérapie et de rayons.Le médecin m'à expliqué que ce n'étais pas des traitement faciles à supporter mais qu'il fallait garder espoir.
Je crois que ce mot, espoir, ce mot que l'on dit aux mourrants pour les rassurer était le mot de trop et aussitôt qu'il eût fermé la porte je fondis en larmes sans même savoir vraiment ce qui m'arrivait ni ce qui m'attendais les prochains mois.
J'étais entre colère, frustration et incompréhension.C'est comme si je m'étais réveillé un matin dans le corps et la vie d'un autre.
Mais c'était bien de ma vie qu'il sagissait et le gars qui prenais la vie du bon côté avait disparu.
J'étais désorienté et fatigué.Edith est venue me voir, elle savait.
-On va s'en sortir ensemble, tu verras.
- Mais arrête tes conneries, on ne verra rien du tout Edith je vais mourrir, tu comprends, mourrir!
Je crois que cette fois j'avais vraiment été un con.Elle voulait me soutenir et voilà ce que j'ai réussi à faire, elle est partie en pleurant.
Je ne l'aie pas revu ce soir là, les médecins m'ont mis un calmant dans ma perfusion et je me suis endormi.Une nuit sans rêve.
-Pardonnez moi mais comment réagireriez vous à ma place?
Ce sont les mots que j'ai prononcés avant de m'endormir.
Comment font ces gens à qui on annonce chaque jour qu'ils sont malades?
Comment réagissent t-ils? que dois-je penser de tout ça, que dois-je faire et dire?
Telle était ma préocupation du moment, que faire.
Jamais je n'aurais cru que ma vie puisse basculer à ce point.On ne s'attend pas à ce qu'un jour tout à fait comme les autres on vous annonce une pareille nouvelle.On vous annonce ça avec plus ou moins de tact mais la réaction est toujours la même.Au final, qu'importe la façon dont on vous l'apprend, vous êtes malades dans tous les cas.
Le médecin m'aurait jeté mon dossier à la figure pour que je le lise seul et sans commentaires et expliquations que j'aurais préféré.Au moins je n'aurais bléssé personne et j'aurais ruminé dans mon coin jusqu'au temps que je sois calmé.
Mais le mal est fait et je sais que demain je devrais adopter une autre attitude envers les autres, mais laquelle?
Toujours cette question, comment faire? je suis le seul à pouvoir y répondre et je sais que j'y arriverai.
Je ne veux pas jouer les malades tristes, je ne veux pas que l'on es pitié de moi.Mais alors, si on part là dessus, dans les " je ne veux pas", je ne veux pas être malade tout simplement.Je ne veux pas être malade.
Je me réveillerai peut-être demain guéri, qui sait si cette formule ne marche pas?
C'est fou ce que l'on peu être naïf quand on es au pied du mur...
L'expérience n'est pas ce qui arrive à la personne, mais ce que la personne fait de ce qui lui arrive.
(anonyme).